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Mieux vivre avec un trouble schizophrénique

Temps de lecture : 3 min

Ce sont des maladies psychiatriques qui touchent environ 1 % de la population et se déclarent le plus souvent entre 15 et 30 ans, parfois plus tôt à l’adolescence. Sans traitement, ces troubles évoluent spontanément vers la chronicité. 

Les troubles schizophréniques, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des maladies psychiatriques qui touchent environ 1 % de la population et se déclarent le plus souvent entre 15 et 30 ans, parfois plus tôt à l’adolescence. Sans traitement, ces troubles évoluent spontanément vers la chronicité. 

Les troubles schizophréniques s’expriment par des symptômes psychotiques, qui traduisent une perception perturbée de la réalité. Trois types de symptômes peuvent se manifester de façon chronique ou de façon épisodique. Peuvent apparaître des manifestations dites productives, comme des idées délirantes ou des hallucinations, des manifestations dites déficitaires, comme un isolement social et un manque d’énergie et de motivation ainsi qu’une désorganisation de la pensée, des émotions, de la parole et du comportement.

En pratique, la nature et la sévérité des symptômes psychotiques peuvent être très différentes d’une personne à l’autre. Leur évolution peut être très variable : certaines formes évoluent très favorablement sous traitement ; pour d’autres, les difficultés restent plus durables.

Les symptômes

Les symptômes productifs ou positifs

Ce sont des symptômes qui sont en plus d’un fonctionnement « normal ». Ils rassemblent les idées délirantes et les hallucinations et peuvent se traduire par un sentiment de persécution (paranoïa), une mégalomanie, des idées qui sont en dehors de la réalité, ou encore des hallucinations sensorielles (des cinq sens), souvent auditives (comme entendre des voix), plus rarement visuelles, ou encore au niveau de l’odorat, du toucher ou du goût.

Les symptômes déficitaires ou négatifs

Ils correspondent à une diminution ou à une perte des fonctions dites « normales » et plus particulièrement à une baisse des affects et des ressentis. Il y a une diminution de la communication et une émotivité réduite, une baisse de l’intérêt, de la volonté et de la motivation. Ces symptômes peuvent entraîner un retrait et un isolement progressif du cercle familial, amical et social, et ressembler à une dépression.

Les symptômes de désorganisation

Ils correspondent à une désorganisation de la pensée, des paroles, des émotions et des comportements.

La cohérence et la logique du discours et des pensées sont perturbées, de même que les capacités de concentration, d’attention et de mémorisation.

Ces symptômes peuvent conduire à des difficultés à comprendre ou se faire comprendre. Il peut y avoir des difficultés à organiser les tâches du quotidien.

Évolution

La schizophrénie débute le plus souvent par un premier épisode psychotique (parfois appelé “bouffée délirante aigüe”) qui n’est pas toujours identifié ou pris en charge. L’évolution est ensuite variable et fluctuante, avec des symptômes chroniques auxquels s’ajoutent parfois des épisodes aigus. Elle peut ensuite se stabiliser avec quelques symptômes persistants à une intensité variable selon les personnes. Le pronostic varie en fonction des caractéristiques de la maladie et surtout de la précocité de la prise en charge.

Malgré la médiatisation de certains faits divers, les accès de violence au cours d’une crise sont rares et cette agressivité est surtout tournée vers la personne elle-même. Les personnes souffrant de schizophrénie ont plus de risque de faire une tentative de suicide.

Une dangerosité surtout contre soi-même

Il est important de faire part des idées suicidaires à une personne de confiance et surtout à un·e professionnel·le
de santé.

L’origine des troubles schizophréniques

Leur origine est complexe et sans doute multiple. Le trouble résulterait d’ interactions entre certains gènes et l’environnement, en particulier à des moments particuliers du développement précoce et à l’adolescence. Il y aurait ainsi une fragilité biologique initiale qui, associée à des facteurs de stress environnementaux, conduirait à l’apparition des troubles.

Vulnérabilité génétique

Comme pour d’autres maladies (par exemple, le diabète), il peut exister une vulnérabilité génétique : le risque de développer la maladie est augmenté si d’autres membres de la famille en sont atteints.

Mais celui-ci reste très limité : 92% des frères et sœurs et 98% des cousin.es d’une personne atteinte de schizophrénie ne développeront pas la maladie. Par ailleurs, quelques rares facteurs génétiques ne sont pas transmis par les parents et apparaissent “par hasard”.

Les facteurs génétiques ne sont qu’un facteur de vulnérabilité parmi d’autres.

Les facteurs environnementaux

Certains facteurs environnementaux précoces pendant la vie foetale ou les premières années de vie peuvent aussi induire une vulnérabilité : par exemple l’exposition à diverses infections, complications lors de la grossesse, etc.

Mais la vulnérabilité toute seule n’est pas suffisante et certains facteurs environnementaux au cours de l’enfance et plus particulièrement à l’adolescence vont précipiter l’apparition des troubles schizophréniques : traumatismes, stress sociaux, abus de substances (en particulier le cannabis).

Qu’ils soient importants ou mineurs, ponctuels ou répétés, ces facteurs de stress participent au déclenchement de symptômes psychotiques chez certains individus présentant une vulnérabilité biologique. Ces mêmes facteurs peuvent favoriser une rechute ou gêner le rétablissement.

Certains de ces facteurs étant “évitables”, il est primordial d’intervenir pour les limiter quand les symptômes apparaissent ou réapparaissent.

Le cannabis

La consommation de cannabis double le risque de schizophrénie, mais avec une grande variabilité en fonction des individus. Cet effet dépend de la dose, de la teneur du produit en THC, de la durée d’utilisation et de l’âge du début de la consommation.

La prise en charge
des troubles schizophréniques

Le bilan de santé initial

Le bilan de santé initial sera réalisé afin de :

  • Évaluer les symptômes psychotiques le plus précisément possible, avec votre participation et l’aide de votre entourage si vous en êtes d’accord
  • Rechercher des maladies associées
  • Envisager les traitements et planifier avec vous lessoins et le suivi de la maladie

Le bilan paraclinique consiste en une prise de sang et un électrocardiogramme. Selon les besoins, d’autres examens peuvent être prescrits : IRM cérébrale, électroencéphalogramme, bilan génétique, métabolique, etc.

Une hospitalisation peut être nécessaire lorsque les symptômes psychotiques sont intenses et provoquent des agitations, quand il y a un risque suicidaire ou lorsque des examens complémentaires sont nécessaires.

Les professionnel·les de santé

Le bilan initial et le suivi du traitement seront réalisés par un·e psychiatre.
La prise en charge globale peut faire intervenir d’autres soignant·es : infirmier·ère, psychologue, assistant·e social·e, etc.

Les démarches administratives

Quel que soit le type de schizophrénie, une reconnaissance par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est possible. Une demande de prise en charge par la MDPH peut donc être réalisée, qu’il y ait eu hospitalisations ou non.

Pour déposer une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur·se handicapé·e à la MDPH, il faut constituer un dossier en partenariat avec les médecins qui suivent la personne concernée (en réunissant les prescriptions médicamenteuses, des bulletins d'hospitalisation s’il y en a, etc.). La MDPH met entre 9 mois et un an à répondre à la demande, en fonction des délais de traitement.

La prise en charge des troubles schizophréniques

Les traitements médicamenteux

Les médicaments prescrits dans les troubles schizophréniques sont des antipsychotiques.

La classe des antipsychotiques de deuxième génération est à privilégier pour sa meilleure tolérance.
Ces médicaments ne "guérissent" pas la maladie, mais ils atténuent les symptômes et réduisent les taux de rechute ce qui contribue à rétablir la qualité de vie et l’autonomie de la personne, on parle de rémission fonctionnelle.

Les antipsychotiques peuvent être prescrits en comprimés à prendre tous les jours ou en traitements injectables d’action prolongée, à prendre en général tous les mois. En limitant les oublis de prise de médicament, les traitements injectables d'action prolongée diminuent le risque de rechute.

Ces traitements médicamenteux peuvent occasionner des effets indésirables. Il est tout à fait légitime de demander à son.sa médecin quels sont les effets secondaires possibles. Ils peuvent être différents en fonction du médicament choisi.

Les effets secondaires ne sont pas systématiques et il est possible de les limiter. Si des effets secondaires se présentent, il est nécessaire d’en discuter avec un médecin. L'essentiel est de trouver le meilleur compromis entre efficacité et tolérance du traitement. La prise de traitements nécessite un suivi (prise de sang, par exemple).

La psychoéducation

Il est important de connaître la maladie pour comprendre le suivi proposé et en rendre le patient acteur. La psychoéducation (ou éducation thérapeutique), proposée par l’équipe soignante, permet d’optimiser le suivi et l’adaptation du projet de soins en développant des capacités de repérage des signes d’alerte, de meilleures aptitudes à la gestion des facteurs de stress et en adoptant les bons réflexes en termes d'hygiène de vie.

Des programmes de psychoéducation à destination des familles de personnes souffrant de schizophrénie existent, comme le programme Profamille ou le programme I Care/You Care pour des troubles psychotiques débutants. Ils montrent un réel bénéfice dans la prise en charge de la personne.

Les autres interventions thérapeutiques

Si les traitements médicamenteux sont indispensables, la prise en charge est pluridisciplinaire et doit comporter différents types d’approches :

  • La psychoéducation

vise à informer les patients et leurs proches sur le trouble psychiatrique et à développer leurs compétences et capacités pour y faire face.

  • La thérapie cognitivo-comportementale

permet d’améliorer les symptômes et réduire leur impact dans la vie quotidienne.

  •  La thérapie motivationnelle

particulièrement efficace dans les situations d’addiction.

  • La remédiation cognitive

permet de pallier aux difficultés cognitives (difficultés de mémoire, de concentration, d’organisation, etc.)

Ainsi, ces prises en charge de réhabilitation psychosociale sont proposées spécifiquement selon vos ressources et vos difficultés, le but étant de favoriser votre rétablissement c’est-à-dire une autonomie et une qualité de vie satisfaisantes par rapport à vos attentes.

À retenir

  • Le trouble schizophrénique est une maladie chronique qui nécessite un traitement au long cours.
  • Le traitement de fond, de type antipsychotique, atténue les symptômes et réduit le taux de rechute. Il est donc important de le prendre chaque jour, même en l’absence de symptôme.
  • Toute modification ou arrêt de traitement doit être discuté avec votre médecin.
  • Au quotidien, vous pouvez agir en adoptant des règles d'hygiène de vie simples. Il est tout à fait possible de se rétablir d’un trouble schizophrénique sous antipsychotiques : reprise d’une vie sociale, professionnelle, activités de loisirs.

Approfondir

RESSOURCES

Site internet

Dossier INSERM “Schizophrénie, Intervenir au plus tôt pour limiter la sévérité des troubles”

Dossier INSERM sur l'intervention précoce dans la schizophrénie
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