Santé mentale des jeunes : une course contre la montre
Dans son article du Point, paru le 28 janvier 2026, le journaliste Olivier Hertel relate le travail mené au Centre d’évaluation des jeunes adultes et des adolescents C'JAAD autour de l’intervention précoce en santé mentale chez les jeunes. L’enjeu est simple : repérer tôt, accompagner vite, éviter que la maladie ne s’installe.
La plupart des troubles psychiques débutent avant 25 ans.
Repérer les premiers signes et agir tôt peut changer le cours d'une vie
Santé mentale des jeunes : pourquoi intervenit le plus tôt possible ?
La santé mentale des jeunes est aujourd’hui une priorité de santé publique. Adolescents et jeunes adultes sont particulièrement vulnérables aux troubles psychiques, qui apparaissent le plus souvent avant l’âge de 25 ans. Pourtant, une intervention précoce peut prévenir l’aggravation des symptômes et améliorer durablement la qualité de vie.
Comprendre les signaux d’alerte et savoir vers qui se tourner est essentiel pour agir à temps.
15-25 ans, une période critique
En effet, selon les données scientifiques, près de 75 % des troubles psychiatriques débutent avant 25 ans. Cette période correspond à une phase clé du développement du cerveau, encore en maturation jusqu’au début de la trentaine.
Les premiers signes peuvent être discrets et passer inaperçus : sentiment de décalage avec la réalité, idées inhabituelles ou inquiétantes, hallucinations légères et occasionnelles, repli sur soi, perte de motivation, difficultés scolaires ou sociales.
Ces symptômes, parfois appelés signaux faibles, ne signifient pas forcément qu’une maladie grave va se développer, mais ils doivent être pris au sérieux.
L'importance de l'intervention précoce en santé mentale
L’intervention précoce en psychiatrie consiste à repérer et accompagner les jeunes dès l’apparition des premiers troubles, avant qu’ils ne s’installent durablement car plus le délai d’accès aux soins est court, moins le risque de crise sévère, d’hospitalisation ou de handicap à long terme est élevé.
Un accompagnement global, au plus près du quotidien
Les dispositifs d’intervention précoce, tels le C'JAAD (Centre d'évaluation et de prise en charge pour les Jeunes Adultes et Adolescents du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences), s’appuient sur une approche globale.
Des professionnels appelés care managers (infirmiers, psychologues, travailleurs sociaux) accompagnent les jeunes dans leur vie quotidienne : maintien à l’école, à l’université ou au travail, soutien dans les démarches administratives, coordination avec les professionnels de santé,lien avec la famille et l’entourage. L’objectif est clair : éviter l’isolement, préserver les liens sociaux et aider le jeune à rester acteur de son parcours.
Un cerveau en développement : une période à risque... et d'opportunité
À l’adolescence et au début de l’âge adulte, le cerveau est particulièrement sensible aux facteurs extérieurs : stress intense, manque de sommeil, consommation de substances (notamment le cannabis), isolement social. Mais cette période est aussi une fenêtre d’opportunité : le cerveau est malléable, capable de se réorganiser positivement si l’accompagnement est adapté.
Un suivi précoce, associant soutien psychologique, hygiène de vie, psychoéducation et parfois traitement médical, peut avoir des effets très bénéfiques.
Investir dans la prévention en santé mentale permet non seulement de soulager la souffrance individuelle, mais aussi de favoriser l’autonomie, l’insertion sociale et l’avenir professionnel des jeunes.
Et toi, comment tu vas vraiment ?